Dans notre société, quand on est différent, tout le monde dit que c’est un atout, qu’on peut ainsi se démarquer plus facilement. Et pourtant, le fait d’être différent dans sa manière d’apprendre est encore un handicap pour nombre d’enfants et adolescents. Et pourtant, une fois adulte, cette différence n’est pas franchement appréciée à sa juste valeur, notamment en entreprise.
Ces différences sont abordées comme des lacunes, des obstacles qu’il faudra surmonter mais dans l’idée de rejoindre un jour (lointain, peut-être) le monde de la „normalité“. C’est le cas de la dyslexie souvent présentée et perçue comme une difficulté réduite aux compétences en lecture et en écriture, en version négative.
Voici une définition de la dyslexie utilisée aux Etats-Unis : „La dyslexie est un trouble d’apprentissage spécifique d’origine neurologique. Il se caractérise par des difficultés dans la reconnaissance exacte et/ou fluide des mots, un mauvais décodage et des difficultés en orthographe. Ces difficultés résultent généralement d’un déficit de la composante phonologique du langage souvent inattendu par rapport à d’autres capacités cognitives et d’un manque de prestations d’enseignement appropriés en classe. Les conséquences indirectes peuvent inclure des problèmes de compréhension de lecture et une expérience de lecture réduite pouvant entraver la croissance du vocabulaire et des connaissances de base.“ (p. 8)
Grâce aux avancées technologiques, il nous est permis d’aller observer la structure du cerveau, d’observer en temps réel ce qui se passe dans le cerveau. Il est clair maintenant que la structure du „cerveau dyslexique“ se différencie d’un „cerveau non-dyslexique“. Deux observations sont rapportées ici :
- La première concerne l’organisation des unités fonctionnelles du cortex cérébral, les mini-colonnes. L’espacement entre ces mini-colonnes est plus ou moins grand, ce qui a une influence dans la localisation et la rapidité de traitement des informations.
- La deuxième concerne le sytème d’apprentissage procédural. On sait maintenant que, pour apprendre quelque chose de nouveau comme la lecture, l’hémisphère droit est très sollicité en début d’apprentissage pour traiter les détails des signes/lettres, puis l’hémisphère gauche prend le relais au fur et à mesure que la reconnaissance des signes/lettres s’automatise. Or ce n’est pas le cas pour les „cerveaux dyslexiques“ ou du moins pas aussi rapidement que chez la plupart des cerveaux „non-dyslexiques“.
Dans ce livre, Brock L. Eide et Fernette F. Eide ont décidé de mettre au jour en version positive ce que la dyslexie veut aussi dire. Ils présentent ici quatre aspects méconnus et utiles des „cerveaux dyslexiques“, leurs avantages et les inconvénients dans notre société telle qu’elle est organisée actuellement.
MIND. C’est l’acronyme utilisé par les auteurs. Chaque lettre correspond à une compétence/force particulière chez les personnes dyslexiques.
- M – raisonnement matériel – c’est la capacité à voir facilement en 3D même à partir d’un modèle 2D ou même à partir de rien d’autre que la visualisation.
- I – raisonnement interconnecté – c’est la capacité à „repérer des connexions entre différents objets, concepts ou points de vue“. (p. 83)
- N – raisonnement narratif – c’est la capacité à comprendre, penser, construire et mémoriser en histoire, en enchaînements de scènes mentales. C’est une préférence très marquée pour la mémoire épisodique /mémoire des événements, expériences plutôt que pour la mémoire sémantique ultra-prépondérante dans les systèmes scolaires actuels.
- D – raisonnement dynamique – c’est la capacité à prédire. On pourrait parler d’intuition, mais d’intuition fondée.
Ce livre propose des actions concrètes pour soutenir l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et limiter les échecs répétés ainsi que des liens vers d’autres ressources comme des méthodes de soutien à la lecture ou des logiciels de reconnaissance vocale et d’aide à l’écriture.
Alors, envie d’en savoir plus sur le fonctionnement du cerveau dyslexique ?
Cliquez sur ce lien pour accéder à la version anglaise de l’audio-livre. Je ne l’ai malheureusement pas trouvée en français.
#dyslexie #cerveau